Les partisans du crudivorisme ou de l'alimentation vivante (granivores, frugivores, instinctos...), ceux du régime Seignalet, pensent que notre alimentation doit être exclusivement crue, et non transformée sauf par germination ou fermentation.
La raison serait que nous avons besoin des enzymes contenus dans les aliments à leur état naturel pour pouvoir les digérer, que notre potentiel enzymatique diminue avec l'âge et que l'ingestion d'aliments cuits induit une réaction de type immunitaire (leucocytose digestive).
Les enzymes sont des protéines qui sont des catalyseurs des réactions métaboliques, et à ce titre sont donc essentiels au bon fonctionnement de notre organisme. Ils proviennent de 2 sources : endogènes (fabriqués par nos organes digestifs) ou exogènes (amenés par notre alimentation).
Les crudivores pensent que la cuisson détruisant les enzymes (ainsi que leurs co-facteurs : vitamines) des aliments, nous ne devrions consommer que des aliments vivants pour prévenir des cancers, du diabète, des maladies cardio-vasculaires, et pour vivre plus longtemps et en bonne santé.
Que penser de ces allégations ?
Elles sont basées sur les études de Edward Howell, réalisées en 1946 sur des informations scientifiques datant des années 30, et depuis aucune autre étude n'est venue les confirmer...
Ce qui est sûr aujourd'hui :
On sait que la cuisson détruit les enzymes (au dessus de 48°), certaines vitamines (B et C) par paliers de température, et diminue le potentiel anti-cancéreux des aliments (comme les isothiocyanates de la famille des choux par exemple).
On sait qu'il faut éviter
- de faire griller les aliments, ou ne pas consommer ce qui est noirci (toxine cancérigène)
- de cuire au dessus de 110°, ce qui détruit toutes les vitamines et anti-oxydants
- de cuire de façon prolongée les aliments
Mais...
On sait aussi que la cuisson améliore la biodisponibilité des anti-oxydants comme le lycopène de la tomate, et permet aussi de consommer davantage de légumes que s'ils étaient crus, ce qui compense la perte des vitamines et anti-cancéreux.
On sait aussi que tous les profils ne supportent pas une alimentation exclusivement crue (personnes aux intestins fragilisés : dysbioses, colites, pathologies inflammatoires...).
On ne sait pas à ce jour si l'organisme peut se passer complètement des enzymes contenus dans l'alimentation crue.
En conclusion :
Suivons notre bon sens : si l'on aime les crudités, la viande et le poisson crus et que nos intestins sont d'accord, mangeons-en autant que souhaité ! Dans les autres cas, on essaie de garder une portion de légumes crus par jour, et on fait cuire le reste rapidement à la vapeur ou à basse température...
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